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Travailler avec WANO

István Radnóti parle de son expérience dans l’industrie nucléaire et de son travail avec WANO
István Radnóti, Ancien Directeur de la Sûreté, centrale nucléaire de Paks

István RadnótiJ'ai passé toute ma vie professionnelle dans l'industrie de l'énergie nucléaire. En 1979, j'ai été diplômé de l'Institut de l'Énergie de Moscou à l'Université des Centrales et Installations Nucléaires. Juste après avoir obtenu mon diplôme, j'ai eu un poste dans le projet de construction de la centrale nucléaire de Paks en Hongrie et c'est là que j'ai travaillé, dans différentes fonctions, jusqu'à ma mise en inactivité en 2011.

Paks est encore l'unique centrale nucléaire de Hongrie ; elle a quatre tranches en exploitation équipées de réacteurs VVER-440, le couplage au réseau de la première ayant eu lieu en 1982, et la dernière en 1987. Comme la Hongrie n'avait aucune expérience ni dans la construction ni dans l'exploitation de centrales nucléaires, de nombreux experts de Russie ont soutenu les activités de construction, d'essais de mise en service et d'exploitation.

Au cours des années 70 et 80, d'autres pays ont également lancé l'exploitation de centrales nucléaires équipées de réacteurs VVER-440, parmi lesquelles les centrales nucléaires de Dukovany (République Tchèque), Bohunice (Slovaquie), Kozloduy (Bulgarie), Loviisa (Finlande), Rivne (Ukraine), Kola et Novovoronej (Russie). Paks a entretenu une coopération étroite avec ces centrales, avec échanges d'expérience et l'organisation de réunions d'experts.

Au cours des années qui ont suivi l'accident de Tchernobyl, le rôle de Lord Marshall s'est avéré déterminant dans la création de WANO, l'Association Mondiale des Exploitants Nucléaires. Il s'est rendu sur la centrale nucléaire de Paks et j'ai participé à sa présentation, dans laquelle il a très clairement et intelligiblement exprimé son opinion sur l'importance d'une coopération entre les centrales nucléaires du monde entier. Paks a toujours essayé d'établir une communication avec d'autres centrales et a toujours soutenu dès le tout début l'idée de la création de WANO, prenant une part active à ce processus et accueillant même la toute première Peer Review WANO en 1992.

J'ai, depuis lors, personnellement participé à de nombreuses activités WANO et je n'ai cessé d'encourager nos experts à faire de même. Nous pouvons tirer de nombreux enseignements des programmes WANO. S'enrichir de l'expérience et des pratiques des autres centrales est essentiel István Radnóti au Centre WANO de Moscoupour le développement d'une exploitation sûre, et une investigation approfondie des événements nous évitera de reproduire les erreurs.

L'un des premiers avantages de WANO, c'est de créer des relations personnelles : être en mesure de décrocher votre téléphone pour appeler les contacts nécessaires, dans le monde entier, sachant que vous les connaissez au travers d'un programme WANO et que vous savez qu'ils sont en mesure de vous apporter de l'aide. Ces relations sont inestimables. Des liens non seulement officiels mais aussi amicaux peuvent ainsi se tisser grâce à WANO.

Bien que la période ayant suivi l'accident de Fukushima Daiichi en 2011 ait été une période d'une extrême difficulté pour l'industrie nucléaire, je demeure convaincu que WANO s'est engagé dans la bonne direction vers l'amélioration et que l'existence de WANO permettra de réduire la probabilité que de tels événements de ce type ne se reproduisent dans l'avenir.